Salon
du patrimoine 2008
(Carrroussel du Louvre, Paris, novembre 2008)
Le
salon du patrimoine connaît toujours autant de succès,
un succès croissant même, avec 6% de visiteurs
de plus qu’en 2007. Malgré le contexte de crise,
le patrimoine demeure un sujet d’interêt et
de passion.
Le salon du patrimoine 2008 sur le thème du mécenat
a rassemblé 250 exposants. Pour ma part je reste
toujours curieuse et emerveillée devant les stands
fabuleux des métiers d’art.
Cette année j’ai eu la chance d’être
invitée par l’agence immobilière de
Patrice Besse Châteaux et Demeures de France pour
une séance de dédicace. Le salon me donne
chaque année l’occasion de rencontrer des propriétaires
de monuments et de suivre leur aventure dans le patrimoine
français. Un rendez-vous que je ne rate sous aucun
pretexte.
L’année
prochaine le salon se tiendra toujours au Carroussel du Louvre
sur le thème « Le patrimoine des religions ».
A suivre!
Promenade
au Salon du patrimoine 2007
(Paris, novembre 2007)
- Les Artisans
d'art -
Carreaux, émaux et terre cuite faits main
S’il y a des stands où l’on s’arrête bien volontiers ce sont ceux des artisans de terres cuites à l’heure de la démonstration. C’est avec des mouvements simples et une grande facilité que le « Créateur » transforme un tas de boue en pièce d’art. Rien de plus. La terre encore humide est placée dans un cadre en métal puis tassée à l’aide d’un maillet. On ôte l’excédent de terre avec une « corde à piano » puis on lisse la surface du carreau avec un platoir, ensuite les arrêtes sont adoucies au doigt.
Au delà de cette démonstration de maitrise, c’est l’attirance du contact sensuel avec la terre, élément primaire qui fascine.
La tapisserie, Art et Savoir Faire
Au milieu d’un stand richement décoré, et de l’effervescence du salon en ce dimanche après midi, une dame avance, imperturbable, son travail de tapisserie. L’œuvre est magnifique. Nous sommes sur le stand d’Annie Bouquet.
La tapisserie est le fruit d’un mariage parfait entre le savoir faire, la patience, la rigueur dans les différents points et le « carton » qui vient de l’anglais « cartoon », le dessin, qui deviendra tapisserie. Ce dessin peut être l’empreinte d’un grand artiste : Lebrun dessinait pour l’ouvrage de Mme de Pompadour. Monet a également dessiné des « cartons ». La collection de dessins d’Annie Bouquet est la plus grande qui existe à ce jour. C’est un véritable travail d’archive et de conservation de pièces anciennes. Ils ont actuellement en vente un dessin très intéressant qui reprend des symboles et armoiries de différents châteaux français : Le château de Breteuil, de Courances, Versailles.
Le dernier Sculpteur sur Ivoire
Un machine métallique cylindrique et finement ciselée arrête mon regard, elle en a arrêté d’autres également, nous sommes quelques uns massés autour du stand d’un des derniers sculpteurs d’ivoire. Francis Migeon travaille principalement à la demande des antiquaires ou collectionneurs privés sur les réserves de saisies antérieures à 1976. Les Ateliers Migeon ont réalisé récemment les boutons des tirants d’orgues de Versailles. Depuis des millénaires l’ivoire (de mammouths ou d’éléphants) a été le témoin de notre évolution, de notre histoire, par les sculptures, bijoux, touches de piano ou crucifix réalisés. Les japonais ont apprécié la noblesse et la sensualité de ce matériau dans la réalisation de leurs Netsuke, de très fines et très anciennes sculptures.
Quand le métier d’art touche au sublime
La rencontre qui m’a le plus marqué, fut la découverte de l’atelier Meriguet Carrere. Un stand fermé sombre, comme une pièce obscure et mystérieuse d’un musée, qui aiguise la curiosité par les éclats de lumière dorée et des reflets soyeux et chatoyants. Simplement au travers du regard, on est déjà dans une sensation de toucher : les peintures et dorure prennent relief, le matériau parait vivant. Je suis restée admirative, hypnotisée par des pièces de cuir richement travaillées, gaufrées, rehaussées de dorures, de peintures de fleurs aux détails et nuances de couleurs parfaits.
Ce fut pour moi une prise de conscience comme certains peuvent l’avoir devant l’œuvre d’un grand Peintre. Le savoir faire français issu de siècles d’expérience et d’histoire est une pièce maitresse de notre patrimoine. Elle a quelque chose de divin dans cette œuvre de résurrection (d’une techniques, d’un motif, d’un matériau identique à l’ancien) elle touche au sublime par la sensation, l’émotion qu’elle fait naître. Je souhaite que les métiers d’art ne se perdent pas et qu’ils continuent à donner toute sa valeur au patrimoine français.